Toulousoscopie
Source: Sud-Ouest
DOMINIQUE RICHARD
Depuis l'affaire Alègre et les accusations sans fondement portées à son encontre par les prostituées évoluant dans l'ombre du
tueur en série, Dominique Baudis a appris à faire face à l'adversité. Les reproches relatifs à son train de vie à la tête de l'Institut du monde arabe, qu'il préside depuis 2007, ne sont
apparemment pas de nature à le déstabiliser. Mais à la veille de sa campagne européenne, la tête de liste UMP dans le Sud-Ouest pour les prochaines européennes se serait sans doute passé de la
publication sur le Net de certaines de ses notes de frais.
Voyages en couple
Selon le site d'information en ligne Bakchich, Dominique Baudis, outre un salaire de 10 000 euros brut par mois, disposera en
2009 d'un budget de près de 350 000 euros; 180 000 euros pour les missions et réceptions, 92 800 euros pour les transports, et plus de 50 000 euros au titre des dépenses réglées par la carte de
crédit mise à sa disposition.
De quoi financer un train de vie appréciable, de multiples voyages et de nombreuses invitations au restaurant. Sa femme en
profite assez souvent, si l'on se fie aux documents que s'est procurés Bakchich.
Ysabel Baudis a écrit un ouvrage, « décisif » au dire de son mari, sur la chanteuse égyptienne Oum Kalsoum. Raison pour laquelle sa présence serait appréciée lors des déplacement de son époux.
Son nom apparaît sur plusieurs billets d'avion pour Damas, Tunis, Abou Dhabi et Louxor. Elle est aussi une habituée de la
ligne Paris-Toulouse. Ces séjours ainsi que de nombreuses notes de restaurant émanant d'établissements de la Ville rose ou du 16e arrondissement, quartier où habite le couple, suscitent malgré
tout l'incrédulité. Sont-ils vraiment nécessaires au rayonnement de l'Institut du monde arabe ?
Pertes abyssales
Imaginée par Valéry Giscard d'Estaing mais construite sous François Mitterrand, cette fondation de droit privé s'efforce
depuis vingt ans de tisser des liens entre la culture française et les civilisations arabes. En 2007, lorsque Dominique Baudis avait été nommé à sa tête en remplacement du Périgourdin Yves Guéna,
il avait pour mission de redresser un navire qui faisait eau de toutes parts.
Selon la Cour des comptes, le déficit cumulé avoisinait 38,5 millions d'euros, la France ayant épongé au total plus de 100
millions d'euros de pertes.
Les 23 représentants des pays arabes qui siègent au conseil d'administration détiennent pourtant l'essentiel du pouvoir, même
si leur contribution représente à peine 10 % du bugdet de fonctionnement de l'Institution. Dans ce paysage compliqué et conflictuel, Dominique Baudis a incontestablement commencé à remettre de
l'ordre. Son train de vie de président serait, selon lui, le prix à payer pour donner le lustre et le rayonnement indispensables à la restauration de l'assise financière de l'Institut. Une vision
que ne partage manifestement pas celui qui, au sein de l'établissement, a fait fuiter ses notes de frais.
Coïncidence ?
L'animateur Karl Zéro a été mis en examen le 28 janvier dernier pour "sortie irrégulière de correspondance de prison", révèle mercredi L'Express.fr . Il risque un an de prison et une amende de 15 000 euros. L'animateur avait lu en juin 2003 dans son émission Le Vrai Journal, sur Canal+, une lettre du tueur en série Patrice Alègre. La lettre mettait directement en cause Dominique Baudis dans une affaire de meurtres et de viols de prostituées. Ces accusations s'étant révélées sans fondement, l'ex-maire de Toulouse a poursuivi ses diffamateurs.
L'IMA est un machin coûteux qui ne sert à rien et qui coûte cher. La France n'a plus les moyens d'entretenir ce genre d'institution.
La mise au point de Dominique Baudis:
« Depuis quelques jours, je suis la cible d’une nouvelle campagne de calomnies. Hélas, j’ai l’habitude. Comme vous le savez, j’ai été victime dans un passé récent d’accusations délirantes. La justice a reconnu mon innocence et condamné à des peines de prisons les personnes qui m’avaient accusé.
Aujourd’hui, une nouvelle fois, certains cherchent à propager des calomnies et des mensonges pour tenter de me nuire.
Ainsi, comme président de l’Institut du monde arabe (IMA), on fait état de plusieurs cartes de crédits dont je disposerais. C’est faux.
On fait état d’un déplacement de mon épouse en Egypte en omettant de préciser qu’elle était invitée par l’union des écrivains arabes qui a remboursé à l’IMA le montant de ce voyage.
On me reproche une facture dans un restaurant asiatique où j’avais tout simplement invité le Président et la Direction générale de France télévisions pour les remercier d’avoir organisé à l’Institut du monde arabe l’émission Des racines et des ailes. Quoi de plus normal ?
On conteste des déplacements à Toulouse en oubliant que l’Institut du monde arabe y a organisé au printemps dernier une exposition présentée pendant trois mois au Musée des Jacobins et que j’ai inaugurée avec le député-maire.
Tout est à l’avenant.
On amalgame dans les dépenses critiquées, les salaires et les déplacements des employés de l’IMA qui travaillent avec moi. On met en cause le montant de mon salaire sans indiquer qu’il a été fixé et financé par l’Etat, validé par un comité de rémunération et adopté à l’unanimité par le Conseil d’Administration de l’IMA.
On omet surtout de citer l’augmentation des recettes, cent fois plus importante que celle des dépenses. Les mécénats et partenariats ont progressé de 400 % en deux ans. Cette progression n’a été possible que grâce à des déplacements fréquents dans les Etats membres de l’IMA.
Afin qu’aucun doute ne subsiste, je demande aux pouvoirs publics à ce qu’il soit procédé, en toute indépendance, à une nouvelle vérification complète.
Enfin, chacun peut imaginer les visées politiques de telles accusations au moment où je suis tête de liste UMP-Majorité présidentielle aux élections européennes dans le Sud-ouest. »
Dominique Baudis
En tout cas j'aime bien l'argument " mon train de vie est le prix à payer pour le rayonnement de l'Institut...". Les éboueurs (mais pas seulement) apprécieront