Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /Nov /2009 19:34

Voici la lettre ouverte lue lors du conseil de secteur Toulouse Centre, le 5 novembre 2009.

Cette lettre ayant été lue publiquement, et reflétant parfaitement l'état d'esprit de nombreux citoyens du centre ville, je la rends publique, même si l'inaction de Pierre Cohen est déjà de notoriété publique.

Monsieur le Maire, les compte-rendus des conseils de secteur ne doivent pas être tenus secrets !
La démocratie locale a besoin de liberté !

" Monsieur le Maire,

La démocratie de proximité à laquelle vous semblez tenir, ce dont nous nous réjouissons, a sans doute besoin d'être sérieusement rodée: non seulement sur les conditions de son exercice, mais aussi dans son aboutissement. En effet, aux 17 associations qui se sont réunies deux fois deux heures, on a octroyé le droit de poser deux questions. Je ne sais pas si c'est un effet de mode, mais cette manière Ancien Régime en a choqué plus d'un. Sans tomber dans le cliché éculé d'un inventaire à la Prévert, nous étions capables d'ordonner les questions, de leur donner une cohérence, de les hiérarchiser.

M. Le Maire, après l'exposé de vos projets et celui de Mme Ruiz, les questions que je vais aborder, vont vous paraître triviales, voire mesquines. Et pourtant, soyez assuré qu'elles résument bien les préocupations essentielles et quotidiennes des toulousaines du secteur 1.1. On aurait pu évoquer les pistes cyclables erratiques, les dérives du marché Saint-Sernin, les épiceries de nuit, les rues à l'abandon, mais pour éviter toute dispersion, nous avons préféré retenir les deux problèmes les plus aigus.

D'abord les désordres nocturnes. Tous les soirs de la semaine et jusqu'à 3 ou 4 heures du matin, l'hyper centre est le lieu de tous les bruits, vacarmes, tumultes, cris et bagarres, qui empêchent les habitants de dormir. Tous les soirs de la semaine, des rues entières, des entrées de parking voient des écoulements d'urine et de vomi, des jonchements de bris de bouteilles. Ce spectacle "festif" atteint son comble place A.Bernard (avec la drogue en plus), et plus encore place Saint-Pierre. A la saleté de la ville, réputation non usurpée, s'ajoute à présent l'insécurité due à l'ivresse sur la voie publique.

Second problème: l'espace public. Dans un contexte de trottoirs étroits, encombrés de containers, c'est de jour comme de nuit que les cafés et souvent les restaurants s'approprient l'espace public. Les piétons sont contraints à risquer la rue. Quant aux pousettes et landaus, le centre ville leur est interdit (voir entre autres la rue Pargaminières ou la rue des Blanchers). En dehors de quelques rares voies, l'hyper centre n'est pas fait pour les piétons, ce qui est quand même paradoxal.

Tous ces problèmes s'aggravent de jour en jour, puisque l'impunité est la règle et la sanction l'exception. De l'office de la tranquillité me sont revenus maints témoignages. Courtoisie, écoute: très bien; efficacité sur les tumultes nocturnes: zéro.

Plutôt que de nous nous demander vainement si, face à ces problèmes quotidiens qui usent la vie des riverains, la municipalité faisait montre d'inertie, ou d'impuissance, ou d'incompétence, nous avons préféré suivre les conseils de Mme Ruiz: faire des propositions, même si, dans un premier temps, cette demande nous a surpris: quand on souffre, on va voir le médecin, on l'informe des symptômes, et on attend une prescription du médecin, pas du malade.

Mais après tout, la démocratie marche dans les deux sens.

Alors voici des propositions simples.

1) Relativement aux nuisances sonores, à l'hygiène, à l'espace public, application des textes de loi et règlements en vigueur, car ce sont ces textes qui organisent le "vivre ensemble". Ils sont actuellement méprisés.

2) Collaboration étroite et efficace entre les services de la mairie (notamment sa police municipale), la préfecture, et la police nationale.

3) Implication réelle et par contrat, des cafés et bars musicaux dans la tranquillité et la propreté de leurs abords.

4) Installation de nombreux WC publics et gratuits au centre ville.

Bref, il n'est plus temps d'identifier les problèmes en collant des gomettes sur un plan de la ville: tout le monde connaît ces problèmes depuis longtemps. Il est temps d'agir, Monsieur le Maire, vous qui êtes le dépositaire de l'autorité légitime, garant de la tranquillité de la ville, nous souhaiterions que vous fassiezvotre métier de Maire, quitte à vous inspirer de ce qui se fait dans d'autres villes, à Lille par exemple, avec sa charte de vie nocturne, ou dans quelques dizaines d'autres villes relativement à l'ivresse sur la voie publique.

Vous l'aurez compris, j'exprimais ici une exaspération à son comble. Et l'exaspération n'est jamais bonne conseillère."

Par Pino - Publié dans : Quartier Saint-Pierre - Communauté : Bien à Toulouse
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