Quand Thierry Deville (PRG), désormais tête de liste UMP en Tarn-et-Garonne, jugeait le bilan de Brigitte Barèges (UMP), députée-maire-présidente-d'agglomération de
Montauban...
La ville a construit, à tour de bras, des logements « défiscalisés » sans aucun rapport avec la demande. Résultat : inflation du foncier, taux de vacance hors du
commun et reventes à perte.
Montauban, cette ville qu’on ne devrait « jamais quitter », selon le Fernand Naudin des Tontons flingueurs. Montauban, cette ville où on ne devrait « jamais défiscaliser », selon Marjorie Xavier
(lire son témoignage ci-dessous) dans un remake de Main basse sur la ville. Aux investisseurs - des membres de la classe moyenne, pas de ceux qui sont éligibles au bouclier fiscal -, on
promettait un pays de Cocagne au coeur du Sud-Ouest. La bonne affaire a tourné au cauchemar. Victimes du bon sens (la solidité légendaire de l’investissement dans la pierre), des
apparences (Montauban à deux pas de la dynamique Toulouse, Airbus, ses universités…) et de l’air du temps libéral (moins d’impôts).
Tout a commencé avec le vote des mesures de défiscalisation (1) lancées par le ministre du Logement de l’époque, Gilles de Robien. Promoteurs et vendeurs de «
package Robien », souvent peu scrupuleux, s’engouffrent dans la brèche. Ils s’abattent sur Montauban comme la vérole sur le bas clergé, trouvant à l’hôtel de ville une main prompte à signer les
permis de construire. Pour justifier cette frénésie, la députée et maire (UMP), Brigitte Barèges, évoque l’arrivée de 20 000 nouveaux habitants d’ici à 2020 dans une ville qui en compte 50
000 (NLDR: la population de Montauban est passée de 51 855 à 57 150 de 1999 à 2008, soit + 5295 personnes en 10 ans). Les résidences - sécurisées, comme il se doit - avec piscine, voire tennis et salles de musculation (et charges afférentes) sortent de terre en plus grand nombre que
les champignons à la bonne époque. On construit en lisière de la grande zone commerciale (« proximité commerces », est-il précisé dans les annonces, et pour cause) et on ouvre 400 hectares de
terres agricoles à l’urbanisation dans le cadre de la ZAC (zone d’aménagement concertée) de Bas-Pays. Combien de logements « Robien » ? Personne ne dispose des chiffres précis. En fait, si :
les services de la mairie. Mais, malgré plusieurs relances, Brigitte Barèges n’a pas donné suite à notre demande d’entretien. En tout cas, la ruée de la population sur Montauban est restée lettre
morte mais les logements censés abriter les néo-Montalbanais existent bel et bien.
(...)
Le résultat ? Des centaines d’appartements Robien à moitié vides, des « maisons Borloo à 100 000 euros » en construction et
quelques unités de logement social. Explication : à la toute-puissance de la promotion privée, la municipalité a couplé la destruction de 580 logements sociaux (soit 14 % du parc social) dans des
cités proches du centre-ville. Les deux tiers seulement seront reconstruits. Dont certaines unités à Bas-Pays. Daniel, militant de la CNL (Confédération nationale du logement),
habitait jadis dans un T3 aux Chaumes. Il a été relogé dans une maison T3 à Bas-Pays pour 110 euros de plus. « Mais surtout, je suis obligé de prendre la voiture pour tout faire », déplore-t-il.
« On a fait croire aux gens que parce qu’ils avaient un garage et un bout de jardin, ils seraient heureux », s’agace Charles Berthié, président de la CNL montalbanaise. « Laisser penser que la
misère horizontale serait moins pire que la misère verticale est une supercherie », appuie Jean-Marc Panfili.
Pour résumer, Thierry Deville décortique l’effet « Robien » sur Montauban : « Dans cette histoire, on gruge tout le monde : l’État
car il perd des recettes fiscales, le particulier qui investit à perte, la ville de Montauban parce que le foncier augmente et les bailleurs sociaux qui doivent également faire face à cette
inflation du foncier. » De quoi donner envie de quitter Montauban… et de voter UPMP !
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