Le premier programme de réintroduction de l’ours dans les Pyrénées lancé en 2004 s’est achevé le 31 Décembre 2009. On connaît toutes les péripéties de ces dernières années: manifestations et
contremanifestations dans une ambiance de polémique souvent très tendue.
On pensait que les choses en resteraient là et qu’il était urgent d’attendre afin de faire une évaluation sereine de la pertinence de cette action. Pourtant, Madame Chantal JOUANNO, Secrétaire
d’Etat à l’écologie, sans la moindre concertation vient d’annoncer la deuxième phase du programme de réintroduction de l’ours dans les Pyrénées : c’est vouloir, depuis Paris, rallumer le feu de
manière irresponsable.
Rappelons ici que Melba, le dernier ours des Pyrénées «authentique» a disparu. Les ours réintroduits sont d’origine slovène - les derniers le furent en 2006 - et il faudra bien des années avant
qu’ils ne s’adaptent à leur nouvel environnement. En importer d’autres, est-ce la priorité pour les Pyrénées ? Cette priorité ne serait-elle pas plutôt un soutien actif au pastoralisme menacé ?
Chacun sait que, souvent, il va de pair pour beaucoup d’éleveurs en hiver avec une seconde activité touristique dans les stations. C’est là que doit porter l’effort afin de revivifier cette
activité agricole traditionnelle où la qualité des agneaux s’accompagne d’une production de proximité. Pourquoi pas un label «Agneau des Pyrénées» soutenu par la Région ?
L’ours peut attendre chez lui dans sa forêt natale. Les bergers pyrénéens ne peuvent plus attendre qu’on vienne les sauver sur les pentes des montagnes qui les ont vus naître !