Marre des bouchons?

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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /Mars /2010 19:15

Source: Rodez News

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Le premier tour des élections régionales 2010 aura lieu le 14 mars 2010. Petit tour d’horizon de la politique régionale en Midi-Pyrénées. En effet, l’abondante propagande électorale de ces derniers mois de la part de la majorité sortante, est loin d’éclairer  les électeurs ; bien au contraire. Quel est le véritable bilan de la gauche, après 12 années de présidence de Martin Malvy ?

A entendre ce dernier et ses colistiers, candidats à leur reconduction à la tête de la région, le bilan de Midi-Pyrénées serait excellent et tout irait pour le mieux si le Gouvernement français n’avait de cesse de transférer sournoisement d’incessantes charges financières. Toutes les régions françaises supportant des mêmes contraintes financières, à y regarder de plus prés, le bilan objectif de la gauche en région Midi-Pyrénées, après deux mandats de M. Malvy, est loin d’être aussi flatteur qu’annoncé. Enlevons un instant les lunettes roses de M. Malvy !

Au premier regard objectif, on a bien du mal y a déceler le projet régional, si jamais il y en avait un. Cela ressemble davantage à une politique de gribouille, qui part dans tous les sens, sans véritable ligne et cohérence. La région apparaît toujours aussi disparate et éclatée. Elle s’avère incapable de développer des projets et synergies avec les grandes régions voisines : Aquitaine et  Languedoc-Roussillon, d’une part, et Catalogne et Aragon, d’autre part. A l’heure de l’Europe, ce manque d’ouverture et de coopération paraît inquiétant pour l’avenir de Midi-Pyrénées. Il est vrai que M. Malvy, et le parti socialiste en général, sont passés maîtres dans l’art du saupoudrage et plus généralement, du clientélisme, pour masquer l’inaction. Ce qui ne constitue pas une politique régionale.

L’économie de la région repose plus que jamais sur l’agglomération toulousaine et sa mono-industrie : l’aéronautique. Même si, ici et là, divers pôle urbains et industriels secondaires profitent de ce dynamisme, beaucoup d’incertitudes pèsent sur l’avenir de cette industrie et l’importante sous-traitance qui lui est liée. Cette absence de diversification et cette concentration toulousaine constitue un frein à un développement harmonieux de la région Midi-Pyrénées. Celle-ci persiste également à souffrir d’infrastructures très insuffisantes, ne permettant pas un maillage régional efficace et cohérent. En 12 ans, force est de constater que les choses n’ont quasiment pas évolué sous la présidence Malvy.

Le projet de tunnel sous les Pyrénées, permettant de relier Saragosse et Barcelone, semble aujourd’hui enterré. L’aménagement des liaisons ferroviaires TGV entre Toulouse-Bordeaux et Toulouse-Montpellier, dont la mise en place a été mainte fois repoussée, traine toujours en longueur alors qu’il y a urgence. Côté autoroute, le désenclavement de l’est de la région vers Albi-Rodez et Lyon (A68 – RN88) n’a guère avancé. Après la mise en service de la déviation de Carmaux, décidée par l’équipe précédente, il a fallu attendre fin 2009 et l’approche des élections régionales pour que la région daigne enfin participer au financement du tronçon reliant le Tarn à Rodez, moyennant il faut le rappeler, une participation conséquente de l’Etat destinée la modernisation du réseau ferroviaire régional. Quand au développement des TER, en dépit de substantiels  investissements, on ne voit toujours pas le bout du tunnel. Ainsi, la liaison Toulouse-Albi-Rodez est de plus en plus saturée et les travaux de doublement de la voie tardent durablement. L’exploitation des TER rencontre de nombreux problèmes techniques, des retards fréquents et importants, des horaires pas très cohérents et des tarifs peu compétitifs qui n’encouragent pas l’utilisation du train. On est loin du compte !

Autre aspect négatif, s’il en est, du bilan de M. Malvy à la tête de la région : la forte augmentation des impôts locaux ces dernières années. Ainsi, en 2009, le taux moyen de fiscalité locale en Midi-Pyrénées s’établissait à 4.36%, en augmentation de 30.8% par rapport à 2004, alors que la moyenne française de 2.77% seulement. Plus inquiétant, ce dérapage incontrôlé de la fiscalité régionale ne trouve pas de contrepartie dans une augmentation des dépenses d’investissements en due proportion. Autre indicateur qui démontre l’incapacité de la région à maitriser ses dépenses, les charges de personnels ont pour leur part, augmenté de 322% entre 2004 et 2009 (source Les Echos – L’audit des régions – 09/03/2010).

La région Midi-Pyrénées s’avère finalement peu rigoureuse dans sa gestion, privilégiant les dépenses de fonctionnement aux investissements qui préparent l’avenir. Loin de porter un véritable projet qui permette à notre région de relever les défis de demain, le président sortant et son équipe paraissent passifs et peu en phase avec les réalités de ce monde en mouvement. Il est manifestement plus aisé pour la gauche de cacher son bien piètre bilan aux yeux des électeurs en politisant ces élections et en laissant croire que le méchant Gouvernement de droite serait à l’origine de ses propres difficultés. Une technique d’enfumage que connaît fort bien le maire de Rodez, candidat sur cette liste régionale.

Dans ces conditions, est-t-il raisonnable de reconduire pour 6 ans à la tête de la région des élus qui se sont avérés incapables, durant 12 années, de porter un véritable projet pour la région Midi-Pyrénées et de préparer l’avenir ? Espérons que les électeurs ne se contenteront pas d’un vote politique, mais penserons d’abord à préserver les intérêts de leur région.

Par Pino - Publié dans : Regionales 2010 - Communauté : Bien à Toulouse
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