Vendredi 3 juin 2011 5 03 /06 /Juin /2011 21:00
Source: Le Figaro

PORTRAIT - En 2003, la rumeur l'avait mêlé à des affaires de viols et de meurtres. L'ancien maire de Toulouse revient de loin et ces mésaventures ont sans doute compté dans le choix de Nicolas Sarkozy de le proposer comme Défenseur des droits.

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Dimanche 18 mai 2003. Au journal de 20 heures de TF1, face à Claire Chazal, coup de théâtre: le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel, Dominique Baudis, vient annoncer que son nom circule d'une manière calomnieuse dans le cadre de l'enquête sur le tueur en série Patrice Alègre, à Toulouse. Des prostituées l'accusent de proxénétisme.


On raconte qu'il est mêlé à des affaires de viol, de meurtre, d'actes de barbarie. Traîné dans la boue, l'ancien maire de Toulouse vient donc solennellement à la télévision, à cette heure d'écoute maximale, pour «lutter contre le poison de la rumeur» et dénoncer «une effarante machination». Il met en cause l'industrie pornographique, contre laquelle il est justement en train de lutter à la tête du CSA. La rumeur poisseuse mettra des mois à s'éteindre, et la justice deux ans à rendre un non-lieu. Mais ce dimanche soir-là, il se trouve des téléspectateurs pour juger que la transpiration de Dominique Baudis à l'antenne signe on ne sait quel aveu. Plus tard, dans un livre intitulé Face à la calomnie, il racontera le calvaire, mettra en cause le quotidien régional La Dépêche du Midi et son directeur, le sénateur radical de gauche Jean-Michel Baylet. Il mentionnera aussi que son successeur à la mairie de Toulouse, Philippe Douste-Blazy, ne s'est pas démené pour le défendre.


Dominique Baudis revient de loin, et cette affaire n'a sans doute pas compté pour rien dans le choix fait par Nicolas Sarkozy de proposer vendredi sa candidature au poste de défenseur des droits. Une fonction nouvelle à laquelle, une fois confirmé par le Parlement, il devra donner une existence, un pouvoir, une place qui peut devenir essentielle, et pas seulement dans l'ordre protocolaire de la République où il prendra le pas sur les présidents des autorités judiciaires, à la onzième place. Le président de la République a choisi en tout cas l'un de ces hommes dont le parcours professionnel et politique, lu comme un CV, laisse rêveur, et dans laquelle la télévision a toujours tenu une place essentielle.

Par Pino - Publié dans : Politoscopie - Communauté : Bien à Toulouse
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