Lundi 8 juin 2009
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/Juin
/2009
06:47
Abstention : 52,64%
Dominique Baudis (UMP) 26,79%
Kader Arif
(PS) 18,88%
José Bové
(Verts) 16,42%
Robert Rochefort (MoDem) 8,75%
Jean-Luc Mélenchon (PCF) 8,03%
Myriam Martin (NPA)
5,76%
Louis Aliot
(FN) 5,08%
Patrice Drevet (ECO)
4,18%
Par Pinocchio
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Publié dans : Européennes 2009
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« désastre » au PS
Direction la fédération du Parti socialiste, rue Lejeune. Les militants sont anéantis… Le premier secrétaire fédéral, Sébastien Denard, se dit « groggy ». Un jeune homme secoue la tête : « Quel désastre ! » La grande salle où trône le portrait de Jaurès, d'ordinaire bondée les soirs d'élection, est déserte. C'est la gueule de bois et elle est sévère. « C'est une mauvaise soirée et on va passer une mauvaise nuit, confie un militant. On a pris un sacré coup sur la cafetière. » Une femme dénonce « ceux qui n'ont pas mouillé le maillot » pendant la campagne, un septuagénaire « les professions de foi incompréhensibles ». Personne ne comprend la déferlante verte sur la Ville rose. De passage, François Briançon, président du groupe socialiste à la mairie de Toulouse, juge que « la stratégie d'alliance avec le MoDem tombe à l'eau ».
L'ambiance est mortelle, personne ne s'attarde. Pierre Izard puis Pierre Cohen passent en coup de vent. La tête de liste, Kader Arif, qui se voyait encore à 23 % la semaine dernière, affirme que le Sud-Ouest est « la région de France où le PS résiste le mieux ». A Colomiers, la plus grosse section de Midi-Pyrénées, le PS arrive en tête. Ouf ! L'honneur est sauf.
Libé:
Ce nest pas lUMP de Dominique Baudis qui la emporté ce dimanche 7 juin dans le Grand Sud Ouest. Cest le PS qui sy est totalement effondré. De toute façon, le résultat est le même.La tête de liste socialiste Kader Arif qui avait décroché le score glorieux de 30,08% en 2004 sy ratatine ce coup-ci à 17,71%. Dominique Baudis qui arrive en tête avec «seulement» 26,89 points apparaît du coup comme le grand vainqueur dune gauche pourtant majoritaire à condition dadditionner ses voix.Le PS se maintient en zone plutôt rurale. Mais il perd dans les grandes largeurs face à lUMP dans les trois grandes villes de Bordeaux, Toulouse et Montpellier où il se fait aussi dégommer de 6 points en moyenne par les Verts dEurope-Écologie. Baudis a certes redonné des couleurs à la droite à Toulouse avec 30,07% des suffrages. Kader Arif y devient tout pâle avec un très maigre 16,96% auquel il naurait jamais cru. Mais Bové peut y aller de sa pipe y ayant totalisé 22,05% des voix. Á 15,82%, les colistiers de José Bové talonnent partout ailleurs le sortant PS dans la grande circonscription.Le Modem? Á des années lumières de ses prétentions électorales. Ce nest pas de ce côté-ci que les socialistes pourront se refaire la cerise. La recomposition du paysage politique du Grand Sud Ouest semble devoir passer par quelque accord vertueux avec les écologistes et le Front de Gauche de Mélanchon qui a réussi à sy faire élire à 8,15%, juste derrière les amis de François Bayrou à 8,60%. Cela promet au moins quelques longues années de débat...Mais le cauchemar des uns faisant le bonheur politique des autres, cest Dominique Baudis qui passe un joyeux lendemain électoral. Depuis dimanche soir, il rêve de venir épauler lUMP Brigitte Barèges pour sa prochaine campagne contre le PS Martin Malvy aux régionales de Midi-Pyrénées.
Une analyse du scrutin européen
Par Jean-Michel Aphatie le 8 juin 2009, 10:01 - Lien permanent
Quelles élections européennes, mesdames et messieurs! Une campagne réputée ennuyeuse, décalée, et pour terminer, un feu d’artifice inattendu et spectaculaire.
Le vainqueur du scrutin européen? Pas Daniel Cohn-Bendit, non. Il en est, c’est incontestable, la surprise. Mais le vainqueur, c’est Nicolas Sarkozy. Le climat autour de lui et de son action, durant ces dernières semaines, le poids de la crise économique aussi, le climat social dégradé par de multiples conflits, le débat autour des libertés publiques, journalistes sous contrôle, justice sous contrôle, enfin la dictature quoi, tout cela composait une mayonnaise dont on pensait, disait, lisait, qu’elle étoufferait l’ « omni président ». résultat des courses: faux. L’UMP, qui totalise 27,87% des suffrages, ce qui n’est pas extraordinaire pour un parti qui représente toutes les droites, réalise un score honorable qui relégitime la majorité présidentielle et son inspirateur.
Le naufrage, ce fut assez inattendu hier soir, concerne le parti socialiste. 16,48% des suffrages, alors que les sondages et les références électorales paraissaient lui garantir au moins 20% des suffrages. Naufrage au premier sens du terme, c’est à dire un résultat historiquement faible, mais naufrage au second sens du terme, celui d’un parti politique qui se retrouve dans la mer sans canot de sauvetage, sans bouée, sans rien.
Cet échec, peut-on penser, est celui de Martine Aubry. D’accord, partons de là. Faut-il la remplacer? Par qui? Pourquoi faire? Bâtir un programme plus à gauche? Mois à gauche? Plus à gauche que quoi, d’ailleurs? Ou moins à gauche que qui? et pour quelles alliances? Besancenot? Interrogé hier soir sur un plateau de télévision, Arnaud Montebourg, député PS et président du conseil général de Saône-et-Loire, a évoqué la réunion des gauches comme une solution à la crise du courant socialiste, incluant explicitement Olivier Besancenot dans cette alliance fantasmée. Est-ce donc la solution, pour le courant social-démocrate français, que cette main tendue en direction de celui qui, par exemple, réclame l’interdiction des licenciements? Le seul fait de poser la question dit bien l’extraordinaire perte de repère, de sens, d’élémentaire équilibre des socialistes français.
Qui donc les a fait vaciller, en ce dimanche européen? Trois réponses possibles, qui se ressemblent et qui pourtant divergent. D’abord, Daniel Cohn-Bendit, chef de file d’Europe Ecologie. Ensuite, la campagne de Daniel Cohn-Bendit, la seule européenne, lit-on et entend-on, la seule liste qui ne se soit pas trompée de campagne. Enfin, Europe-Ecologie, ce rassemblement inédit d’un européen, Daniel Cohn-Bendit, d’un altermondialiste, José Bové, d’une personnalité morale, Eva Joly, d’un parti politique, les Verts. Tout cela est très beau, et c’est avec des idées générales que l’on écrit le roman de la politique, pas sa vérité.
Disons d’abord que si la campagne d’Europe Ecologie est la seule réputée européenne, peu de citoyens, très peu de citoyens, seraient capables de citer spontanément une proposition, ou deux, ou trois, de cette liste. Le talent d’Europe Ecologie est davantage d’avoir fait croire à une campagne européenne que d’en avoir réellement menée une.
Comment définir, d’ailleurs, Europe Ecologie? Quelle est la vision économique de l’agglomérat cité? De l’euro? Des critères de Maastricht? De la place de la BCE? Quelle est la politique d’immigration prônée par ce rassemblement? L’ensemble des membres associés partagent-ils le mot d’ordre des Verts à ce sujet: régularisation immédiate des sans papiers présents sur le territoire français? Réaliser cela serait condamner l’Europe de Schengen. Est-ce le souhait d’Europe Ecologie? En fait, bien peu des votants se sont souciés de l’identité politique d’Europe Ecologie et se sont arrêtés à la vitrine, c’est à dire au mot « Ecologie » et à son principal représentant, Daniel Cohn-Bendit.
L’homme est sympathique, il a l’air sincère. Beaucoup de téléspectateurs ont jugé qu’il avait été la victime d’une agression indigne, jeudi soir, sur France 2. On peut formuler l’hypothèse d’une figure de substitution et suggérer que le flou de son identité politique lui a attiré les faveurs de socialistes déçus et de bayrouistes fatigués. Une valeur refuge en quelque sorte, avec la faiblesse des valeurs refuges, que l’on peut quitter très vite si les offres concurrentes sur le marché retrouvent quelques attraits.
Reste le cas Bayrou. Son panache et la solitude dans laquelle il le promène ont souvent retenu l’attention et parfois pu séduire. Cette fois, visiblement, il a davantage fatigué que convaincu. Ce n’est peut-être pas irrémédiable, mais c’est sérieux. Sans doute François Bayrou doit-il en finir avec son antienne de la liberté qu’on assassine et de la dictature qui s’installe. Il lui faudra être, s’il veut refaire du chemin perdu, à la fois plus précis et plus subtil. Finie, sans doute, la signature apposée au bas d’une pétition qui annonce la disparition de la République. Terminé le discours annonciateur des complots passés, présents, et à venir, réalisés avec l’appui et le soutien de journalistes veules et de sondeurs affairistes. A force de se vautrer dans ce marigot, on se se salit. Et c’est là qu’on ne séduit pas. Trop de caricature et pas assez de hauteur. Mauvais Cocktail. Changer les doses. A moins qu’il ne soit déjà trop tard.
Voilà le paysage politique d’après Européennes. Un paysage qui surprend. Faut-il, à ce propos, incriminer les sondages? Avaient-ils, ou non, prévus tous ces mouvements d’opinion? Séparons les questions. Les sondages, Sofres, Opinion Way, CSA, Ipsos, avaient globalement annoncé le niveau de l’abstention et celui de l’UMP. Les sondages ont saisi, en toutes fin de campagne, le croisement des courbes entre Europe Ecologie et le Modem, ce qui a d’ailleurs conduit François Bayrou à prévenir d’un énième complot. En revanche, c’est vrai les sondages, globalement, n’ont pas évoqué de manière décisive la chute du PS. Une ou deux fois, il fut pointé à 19%, le plus souvent en fin de campagne à 20 ou 21%. Au total, donc, le bilan n’est pas si mauvais, si l’on veut considérer que pour les autres listes (NPA, Libertas, FN, Parti de gauche, etc.), les potentiels ont été assez justement repérés. Au total, les sondeurs ont plutôt pas mal perçu l’impact de la campagne sur l’opinion publique.
Voilà donc une rapide dissection de la secousse que nous avons vécu dimanche. Elle dit l’extrême désordre de la scène politique française, un pouvoir dont l’assise populaire demeure faible, et dont l’opposition face à lui est politique émiettée et idéologiquement explosée. Tous ces éléments là sont ceux d’une société malade et anxieuse, qui dans la majorité de ceux qui la composent ne trouve dans le champ public aucun leader ou aucun projet susceptible de calmer ses angoisses. Révélateur du désordre, le scrutin européen de dimanche décrit une France dans le doute et faiblement capable de peser sur le destin du continent.