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Source: Le Figaro
Après l'Ile-de-France, la circonscription Sud-Ouest est celle qui offre le choix le plus large à ses électeurs pour le scrutin européen du 7 juin. Pas moins de vingt-quatre listes ont été
déposées au ministère de l'Intérieur et se disputent les dix sièges en jeu pour cette eurorégion qui regroupe Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Traditionnellement, le PS y réalise
parmi ses plus beaux scores. En 2004, la liste conduite par le premier secrétaire de la très puissante fédération de Haute-Garonne, Kader Arif, avait recueilli 30,9 % des suffrages (soit deux
points de mieux que la moyenne nationale), envoyant à Strasbourg quatre députés. Traditionnellement, la majorité enregistre dans cette circonscription de mauvais résultats. Il y a cinq ans, la
liste UMP n'avait été choisie que par 15,2 % des électeurs, permettant aux deux eurodéputés sortants, le Béarnais Alain Lamassoure et sa colistière toulousaine Christine de Veyrac, de siéger à
nouveau à Strasbourg.
Depuis dix ans, la progression de la gauche dans ces trois régions est constante. En 1998, elle a conquis l'Aquitaine, Midi-Pyrénées et les conseils généraux du Gers et des Pyrénées-Orientales.
En 2004, ce fut le tour du Languedoc-Roussillon et du conseil général de Lot-et-Garonne. Aux municipales de 2008, après le recul du PS et de ses alliés en 2001, c'est une véritable vague rose qui
emporte Cahors, Rodez, Périgueux, Bergerac, Millau, Orthez, Mende et Toulouse. Le PS sera-t-il en mesure de confirmer cette progression lors des européennes ? Pas si sûr. Ce territoire aiguise
les appétits des formations concurrentes au PS. Face à Kader Arif, l'alliance du Front de gauche et du PC a choisi Jean-Luc Mélenchon pour tête de liste. L'ancien socialiste joue gros dans cette
bataille, sa réélection au siège de sénateur de l'Essonne, renouvelable en 2011, étant compromise depuis qu'il a quitté le PS. Dans le sondage commandé à l'Ifop par Sud-Ouest et Midi libre au
début du mois, il est crédité de 7 points, à égalité avec la liste du NPA conduite par Myriam Martin, ce qui ne l'assure pas d'être élu. Le Rassemblement Europe Écologie a choisi pour sa part
José Bové comme chef de file. En recueillant 8,5 % des intentions de vote, l'altermondialiste est plus à même de décrocher un ticket pour Strasbourg. Selon ce sondage, Kader Arif reste en tête à
gauche en réunissant sur sa liste 23 % des intentions de vote, un score légèrement supérieur aux sondages nationaux mais en retrait de huit points par rapport à 2004. «Nos concurrents à gauche
réalisent des scores comparables, voire légèrement inférieurs, à ceux d'il y a cinq ans, temporise-t-il. Nos adversaires restent la droite et l'extrême droite.» Cela comprend, à ses yeux, la
liste emmenée par le chercheur Robert Rochefort qui constitue une cible privilégiée. Crédité de 13 points, le directeur du Credoc a la lourde tâche de défendre les couleurs du MoDem dans les
terres de Bayrou. Pour l'instant, il est en dessous du résultat du candidat à la présidentielle qui avait réalisé 19 % sur les trois régions. Mais il fait jeu égal avec le score de Jean-Marie
Cavada, le très médiatique candidat UDF en 2004, signe que l'électorat centriste du Sud-Ouest reste fidèle à Bayrou.
La réélection d'Alain Lamassoure en question
La liste de la majorité, emmenée par Dominique Baudis, fait pour l'instant jeu égal avec celle du PS en recueillant 23,5 % des intentions de vote. Mais s'il se confirmait dans les urnes, ce
résultat risque bien d'être en retrait par rapport aux 26 ou 27 % dont sont crédités l'UMP et ses alliés. «Nous souffrons d'une campagne très à droite pour notre territoire que le profil
centriste de l'ancien maire de Toulouse ne parvient pas à compenser», explique un élu de l'UMP. La première victime de ces choix pourrait être l'eurodéputé sortant Alain Lamassoure, dont la 3e
place sur la liste n'assure pas la réélection. D'autant qu'il sera difficile pour la majorité de mordre sur l'électorat à sa droite, où la concurrence fait rage entre l'alliance MPF-CPNT
(créditée de 5 % des voix alors qu'elle totalisait 8 % en 2004 avec deux listes), le Front national emmené par Louis Aliot (5,5 %) et l'eurodéputé sortant Jean-Claude Martinez, dissident du
FN.