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Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 23:48

Source: SudOuest

ELECTIONS EUROPEENNES.
Selon un sondage Ifop pour « Sud Ouest dimanche » et « Midi libre », le PS perdrait un siège dans la région. Percée de l'UMP et de la gauche radicale. 

Et les vainqueurs sont : Alain Lamassoure, Jean-Luc Mélenchon, Myriam Martin. Le député européen sortant et grand spécialiste de l'Europe à l'UMP ne doit pas regretter d'avoir finalement accepté la troisième place dans le Sud-Ouest, lui qui conduisait la liste en 2004. En gagnant un siège supplémentaire (au détriment du Modem), le parti présidentiel pourrait lui permettre de sauver la mise. À gauche, c'est en revanche l'inquiétude pour le Parti socialiste, qui, dans l'un de ses bastions, perdrait l'un des quatre sièges conquis en 2004, un grand cru pour le PS il est vrai. Et ce au profit de Jean-Luc Mélenchon ou du NPA d'Olivier Besancenot ; le Front national devant quant à lui rendre son unique mandat dans la région.


Ce qui frappe dans ce sondage réalisé par l'Ifop, c'est une grande similitude entre les intentions de vote dans le Grand Sud-Ouest et au niveau national, telles que les a étudiées ce même institut pour « Paris Match ». Chez nous, le PS est juste un peu plus fort (tradition oblige), les écolos et le parti de gauche un peu plus haut (merci Bové et Mélenchon). La gauche et l'extrême gauche obtiendraient donc 3 points et demi de plus entre Nîmes et Bordeaux que dans le reste du pays. Fort logiquement, l'UMP et le Front national se trouvent moins haut, ce qui n'empêche pas le parti gouvernemental de coiffer le PS au poteau.


La chute du PS

Le recul du Parti socialiste est en effet impressionnant, aussi bien par rapport à 2004 (- 8 points) que comparé au score de Ségolène Royal (- 5,5 points). Au niveau national, les 21,5 % d'intentions de vote marquent un recul de 7,5 points. Le PS pourrait à ce rythme perdre près du tiers de ses 31 sièges, dont un dans le Grand Sud-Ouest.

À sa gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui s'est allié au Parti communiste, permet à celui-ci d'enrayer sa chute, aussi bien dans le Sud-Ouest (un demi-point de mieux qu'en 2004) qu'au niveau national. José Bové n'apporte rien, en revanche, aux écologistes qui maintiennent tout juste leurs positions dans notre région où ils doivent, il est vrai, affronter la concurrence d'une autre liste écolo emmenée par le présentateur de télévision Patrice Drevet. Mais Bové fait mieux que la moyenne des listes patronnées au niveau national par Daniel Cohn-Bendit, lequel, avec 7 %, paraît mal parti pour rééditer sa performance de 1999 (9,7 %).


Une élue pour Besancenot ?

Avec 7 % d'intentions de vote, au niveau régional comme au niveau national, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) s'installe dans le paysage politique. Il ferait élire dans le Sud-Ouest une députée au Parlement européen. En cinq ans, la montée de l'extrême gauche est impressionnante. Les listes communes Lutte ouvrière-LCR (ancêtre du NPA) avaient obtenu 2,6 % des voix en 2004. Elles obtiendraient 9 % cette année !

Cette percée contraste avec la stagnation du Modem à 13 %, (13,5 % au plan national), son score de 2004 dans le Sud-Ouest, loin derrière les résultats de François Bayrou au premier tour de la présidentielle. Il est vrai que sa tête de liste en 2009, Robert Rochefort, est moins médiatique que celle de 2004, Jean-Marie Cavada. On peut donc considérer qu'il résiste plutôt bien.

Car la médiatisation paie, ainsi que le prouve le retour de Dominique Baudis sur la scène électorale. La liste de l'UMP qu'il conduit gagnerait plus de 8 points par rapport à 2004, permettant ainsi l'élection d'un troisième député. Cette percée se fait essentiellement aux dépens du Front national (- 3,3 points) et surtout de Philippe de Villiers et des chasseurs, dont l'alliance ne prend pas puisqu'ils réalisent 3 points de moins que leurs listes séparées il y a cinq ans et n'obtiennent toujours pas d'élu.


La carte Baudis

À y regarder de plus près, cependant, l'effet Baudis est limité. Car pendant ce temps, l'UMP (qui part de très bas, 16 % en 2004) gagne 11 points au plan national. Et l'ancien maire de Toulouse obtiendrait 3 points et demi de moins que le parti présidentiel.

Une analyse plus affinée montre que le NPA recrute surtout chez les jeunes (19 % des 18-25 ans) et curieusement plus parmi les professions libérales et cadres supérieurs (12 %) que chez les ouvriers (8 %). Lesquels, comme les employés, restent fidèles au PS (respectivement 29 et 36 %). Mélenchon a un électoral plus âgé (14 % des plus de 65 ans).

Deux gros tiers (68 %) des électorats de Royal et de Sarkozy en 2007 voteront respectivement PS et UMP aux européennes. Mais 20 % des anciens électeurs de Ségolène Royal filent chez Bové ou chez Mélenchon. De même, 6 % des électeurs de Nicolas Sarkozy reviennent vers le FN, 6 % se tournent vers le Modem.

Mais la balance ne penche pas en faveur du parti centriste. 56 % seulement des électeurs de François Bayrou en 2007 restent au Modem. Ils sont 19 % à voter UMP et 14 % à voter socialiste. Par rapport à 2004, la déperdition est plus forte encore : 44 % seulement des supporteurs de Cavada votent Rochefort ; ils sont 35 % à se reporter sur Baudis. Lequel s'avère tout compte fait comme une bonne carte pour récupérer l'électorat centriste.

Par Pinocchio - Publié dans : Européennes 2009 - Communauté : Bien à Toulouse
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