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Après avoir inauguré sa campagne en grande pompe à Toulouse le 24 avril avec des représentants des 26 "partis-frères" de
l'Union, le PS tenait meeting à Paris.
Tour à tour avant le
discours du premier secrétaire, les orateurs ont battu le rappel sur la scène du Cirque d'hiver, quitte à abuser d'une sémantique négative dangereuse à trois semaines du
scrutin.
"C'est souvent dans l'épreuve que les socialistes se
révèlent puisque l'on nous prédit l'indifférence, le défaitisme, le découragement, je vous propose de relever le défi", a plaidé le maire de Paris Bertrand
Delanoë.
"Les commentaires disent que nous serions paniqués, affolés, tétanisés (...) Ce n'est pas le cas", a défendu Jean-Christophe Cambadélis,
"animateur" de la campagne nationale.
"Merci Martine, merci pour ce magnifique meeting", a conclu Jean-Christophe Cambadélis. Après "l'immense meeting de Toulouse", "le grand meeting de Strasbourg" et "le grand meeting de Clermont",
le meeting de Paris fut donc "magnifique". Bertrand Delanoë l'a dit lui-même quelques minutes plus tôt : "C'est souvent dans l'épreuve que les socialistes se
révèlent."
Le Premier ministre François Fillon a dénoncé jeudi le Parti socialiste, "divisé et hésitant" sur l'Europe, en décalage avec les propositions des autres socialistes européens.
Les socialistes français sont "désemparés" parce que leurs partenaires européens "ont changé de logiciel" sans eux, a observé le Premier ministre lors d'un meeting de la campagne des européennes à Ludres (Meurthe-et-Moselle), près de Nancy.
"Imaginez un peu l'embarras d'un socialiste britannique ou allemand quand il entend Mme Aubry revendiquer les 35 heures", a-t-il brocardé, avant de se moquer du "désarroi" d'un socialiste français quand il découvre que le chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero "a choisi d'imiter la politique conduite par Nicolas Sarkozy" en supprimant la publicité sur les chaînes de télévision publique.
Reprenant un des principaux arguments de campagne de l'UMP, il a jugé que la gauche tentait de polluer la campagne pour les européennes du 7 juin en créant des "faux débats" comme la "critique systématique du gouvernement qu'alimente la gauche et qui détourne l'élection européenne de ses véritables enjeux".
Les sondages placent les listes de la majorité présidentielle assez nettement en tête (autour de 27%) devant les socialistes, crédités de quelque 22%.
"Le vrai débat, le seul qui vaille aujourd'hui, c'est celui de l'Europe politique", a-t-il jugé. "Est-ce qu'on veut une Europe qui palabre ou qui propose? Une Europe paralysée par la bureaucratie ou au contraire une Europe qui puisse jeter tout son poids dans les grands équilibres du monde?", a-t-il interrogé, avant de mettre en avant le bilan de la présidence européenne de Nicolas Sarkozy.
L'Europe "est un instrument puissant", "qui gagne en puissance chaque fois qu'on l'utilise", a alors décrit François Fillon, qui s'est prononcé pour une poursuite de l'action européenne pour protéger les secteurs économiques mis en difficulté par la crise et pour la mise en place de réglementations qui favoriseront les innovations.
Le Premier ministre a aussi mis en garde contre l'abstention". Jugeant que les électeurs "désabusés" n'avaient "pas toujours tort", il les a invités à voter pour "donner une légitimité forte" à l'Europe.
"Comment est-ce qu'on peut tous les matins critiquer ceux qu'on appelle les technocrates de Bruxelles si on ne se rend pas le jour venu dans le bureau de vote pour choisir celui qui, au Parlement européen, aura la responsabilité justement de contrôler ces technocrates de Bruxelles?"
François Fillon a aussi, comme les autres orateurs, répété l'opposition de la droite à l'entrée de la Turquie dans l'Europe, s'attirant les applaudissements des militants.
La plupart des intervenants ont évité de détailler les 30 propositions du programme de l'UMP. Michel Barnier, qui coordonne la campagne, a seulement invité les militants à le consulter pour se faire une idée de l'action des futurs députés européens de droite