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Devant un millier de militants réunis dans un gymnase de cette ville aisée de la banlieue parisienne, François Fillon s'est
efforcé de mobiliser les troupes de la majorité pour un scrutin dont l'abstention s'annonce comme le premier vainqueur.
"Face à l'abstention des uns et à l'indifférence des autres, nous avons ensemble la responsabilité d'être européens pour tous ceux qui ne le sont que du bout des lèvres. Nous avons le devoir de
convaincre et d'entraîner tous les Français", a expliqué le Premier ministre.
Conforté par les sondages qui placent en tête les listes UMP, François Fillon a demandé à ses amis d'être "le parti de la France dans l'Europe et pour l'Europe".
L'hôte de Matignon a opposé l'attitude de la majorité à celle d'un PS "plus divisé que jamais sur l'Europe" et dont "le mot d'ordre est sanctionner". Evoquant l'entrée en campagne de Martine
Aubry lors du premier meeting socialiste vendredi dernier à Toulouse, il a noté que "la moitié de son discours était consacrée au président de la République et au gouvernement". "J'invite les
Français à ignorer ce flot de critiques qui masque le vide sidéral des propositions socialistes pour l'Europe", a dit M. Fillon. "Il ne faut pas se tromper de combat. L'Europe mérite un débat de
fond".
François Fillon a aussi opposé le PS aux autres partis socialistes européens, "tous plus modernes" et "acquis aux réformes". "Le président de la République française a bien plus de points communs
avec le président du gouvernement espagnol que Mme Royal n'en a avec José Luis Zapatero", a-t-il lâché après la visite d'Etat de Nicolas Sarkozy à Madrid.
Le Premier ministre a aussi taclé le centriste François Bayrou, "pour qui l'Europe est devenue la dernière de ses préoccupations" et dont "l'obsession est la présidence de la République".
Pour tous, "l'Europe n'est que le paravent des ambitions partisanes", a tranché M. Fillon. "Pour nous, le seul sujet qui vaille c'est l'Europe politique". Le Premier ministre a insisté sur ce qui
constitue le principal argument de campagne de la majorité, le bilan de la présidence française de l'Union européenne.
Avant son discours, les orateurs représentant les différentes sensibilités de la majorité, de l'UMP au Nouveau Centre en passant par les anciens socialistes Jean-Marie Bockel et Eric Besson, ont
chauffé la salle.
Tous ont défendu le bilan des deux années de Nicolas Sarkozy, et fustigé les socialistes. "Si dans cette campagne les socialistes qui n'ont pas d'idées veulent parler des deux ans d'action de
Nicolas Sarkozy, moi je dis 'chiche'", a lancé Xavier Bertrand, citant le service minimum, les peines plancher pour les multirécidivistes ou les assouplissements aux 35 heures.
"N'en déplaise à Martine et Ségolène, le risque pour l'Europe aujourd'hui, ce n'est plus le plombier polonais mais le facteur Besancenot, que les socialistes français traînent comme un boulet", a
lâché Jean-Marie Bockel.
AP