Sondage après sondage, l’avance de l’UMP sur le PS se confirme,
et ce, en dépit de la crise économique. Selon une enquête OpinionWay réalisée pour le Figaro et LCI, et publiée samedi, le parti de Nicolas
Sarkozy obtiendrait 28 % des voix lors des prochaines Européennes et le PS 23 % (loin des 30 % de 2004). Le Modem, lui, confirme sa troisième place, à 12 %, mais là aussi loin du score obtenu
par François Bayrou lors de la présidentielle de 2007. Europe Écologie, après un creux en février, semble se redresser et arrache la quatrième place, à 10 %.
Derrière, c’est l’éclatement du vote protestataire. Du côté de la gauche radicale, le NPA, après des scores flatteurs en début d’année, accuse le coup, avec seulement 7 % des
intentions de vote. Manifestement, pas plus que le PS, il n’arrive à capitaliser, si je puis dire, sur la crise économique. Ce qui est une bonne nouvelle, ce parti étant, comme je l’ai démontré sur ce blog, le
pendant du FN à gauche. De même, le « Front de gauche », qui unit les amis du sénateur Jean-Luc Mélenchon et les derniers communistes, ne décolle pas de son plancher des 5 %. La gauche
radicale réussit cependant à capter 12 à 14 % (en comptant Lutte ouvrière) des intentions de vote, ce qui montre que l’union aurait eu un sens. Mais comme toujours, toute à ses querelles de
chapelle révolutionnaire, elle est incapable d’union.
Le tableau est exactement le même du côté de la droite radicale : le FN est donné à 6 %, Libertas France de Philippe de Villiers, à 5 %, et Debout la République à 1 %. Soit 12 % des intentions de vote.
Additionnées, les forces antieuropéennes parviennent à capter plus du quart de l’électorat français : c’est à la fois beaucoup et peu.
Beaucoup, car ces forces n’existent que lors du scrutin européen et disparaissent quasiment lors des élections nationales. Peu, car elles ont réussi à obtenir un rejet du traité
constitutionnel européen par 55 % des votants en 2005, ce qui montre que l’Europe n’est que marginalement une question clivante. Ce que confirme ce sondage OpinionWay: seulement 40 % des
sondés se déterminent en fonction d’enjeux européens, 58 % faisant prévaloir les enjeux nationaux. Le PS et le Modem l’ont parfaitement compris, puisqu’ils appellent les électeurs à
sanctionner Nicolas Sarlozy lors du scrutin du 7 juin.
Le poids des antieuropéens ne se retrouvera pas parmi les députés élus, puisque la régionalisation du scrutin des Européennes pénalise fortement les petites listes. Une surprise n’est cependant pas à exclure, vu la forte abstention attendue, l’électorat protestataire étant davantage mobilisé.