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Pour la première fois jeudi, alors que la grève annoncée dans l'Éducation nationale devrait être très suivie, la ville devra mettre en place le service minimum d'accueil des
élèves dans les quelque 200 écoles maternelles et primaires. De force, puisque, à la manière d'un maître autoritaire, la justice vient de sonner la fin de la récré. Saisi par le préfet de
Haute-Garonne, le tribunal administratif a ordonné samedi à la mairie de Toulouse de se conformer à la loi du 20 août dernier obligeant les villes à assurer l'accueil des enfants.
La préfecture relaie ici la thèse du ministre de l'Éducation nationale, Xavier Darcos, en observant notamment que « le défaut d'organisation du service d'accueil porte atteinte à l'intérêt public
[…] et à l'intérêt des parents contraints de trouver dans l'urgence des solutions parfois coûteuses ou attentatoires à leur liberté de travailler ». Le juge des référés estime lui « qu'il y a
urgence à remédier à la persistance d'une situation contraire à la loi et qui est préjudiciable à l'intérêt des enfants ». Sauf que… Sauf que la mairie a certes accepté de se soumettre à la
lettre à la décision de justice : elle fournira à l'inspection académique une liste de 700 personnes susceptibles d'accueillir les enfants. Mais elle campe sur le fond de sa position : « Nous
n'avons pas la capacité de mettre en place ce service minimum. Donc nous ne le mettrons pas en place », explique Gisèle Verniol, adjointe chargée de l'Éducation (lire par ailleurs). Si le
recteur, Olivier Dugrip s'est réjoui du jugement, côté parents d'élèves, le discours varie d'une fédération à l'autre : satisfaction de la PEEP ; hostilité et craintes réaffirmées à la FCPE.
Début octobre, 132 communes du département dont Toulouse, sur les 164 concernées par la mise en place du dispositif, avaient refusé de se soumettre à la loi. Une fronde que les élus justifiaient
par une incapacité à garantir des conditions d'accueil sûres pour les enfants. La mairie a jusqu'à demain pour transmettre la liste des 700. Une liste dont le tribunal juge qu'elle n'a « pas à
être exclusivement composée d'agents communaux ». Pas fait pour lever les inquiétudes de nombreux parents.